Tirer la langue à l’éducation par la peur
Mal-être, conflits, violence,… bien des maux qui ont, à mon sens, une même racine: l’éducation par la peur.
Difficile de traiter ces sujets forts délicats et oh combien sensibles. Parler de violence, de conflits ou de mal-être comme la déprime etc… n’est pas aussi simple que je vais l’écrire ici. Ainsi, je veux signaler de suite que je ne souhaite pas juger, discréditer, réduire ou imposer un quelconque avis mais seulement proposer une piste, ouvrir un débat, inviter à être interrogatif et se laisser infuser par ce que je vais exposer.
Pour moi, la grande cause de la violence, de la maltraitance, des conflits externes sont le plus souvent du à des douleurs, blessures et mal-être internes qui peuvent aussi se révéler au travers deux mots: l’éducation à la peur et son corrolaire le manque de confiance en soi ou plutôt ce sentiment d’impuissance que nous pouvons vivre certaine fois et que nous rejetons le plus souvent.
La première est je pense évidente pour tout le monde. Peur de manquer, peur d’être envahi, peur de perdre, peur de… implique une réaction de notre cerveau primitif qui se traduit le plus souvent par de la violence direct (vers l’autre) ou indirecte (vers soi) puisque les 4 réflexes de survie sont combattre, se soumettre, figer ou fuir. Dans notre monde, il est valeureux et courageux de se battre. C’est la valeur sure, pilier même de notre économie capitalistique et notre système de compétition. Comment donc sortir de cette croyance, de cet enfermement qui nous a pourtant été utile à bien des moments mais qui nous empêche aujourd’hui de trouver de nouvelles pistes.
La seconde est dans la droite lignée de la première, c’est le manque de confiance et d’estime de soi. Plus difficile à digérer cette fois. Bien oui, c’est moins noble, manquer de confiance, c’est l’inverse du chevalier courageux sus nommé.
Sachez que je joue avec les mots mais cette connaissance m’inspire plus de la tristesse et de l’empathie que de l’envie d’en rire. Je reste bien inquiet et sensible à une telle situation ainsi qu’à son évolution actuelle avec ce barratage médiatique du terrorisme et autres maux qui génèrent et entretiennent nos peurs et « la paranoïa mondiale ». Ceci est un autre sujet de réflexions.
En fait, vous observez ici que la cause de nos maux reposent plus sur un système de pensée, une culture, une habitude, un dogme en fait.
Comment sortir de ses enfermements culturelles, sociaux, religieux ou familiaux?
Par la sécurité intérieure. En d’autres termes, en étant fier de soi, en développant suffisamment de confiance en soi et de le porter intérieurement. Un autre mot peut être « en ayant suffisamment acquis d’amour de soi », et par la même d’amour de l’autre. Un sacré défi surtout si on vous a bassiner qu’être fier est de l’arrogance, de l’égoïsme voir de l’égocentrisme et surtout une vraie preuve de manque d’humilité. N’est-ce pas? Quelles sont encore nos croyances à ce sujet, nos introjections? Ici aussi, ce sont elles qui nous conditionnent et que nous avons besoin de débusquer pour trouver cette paix et sécurité intérieure.
Il peut être difficile à lire et à admettre mais ce sont bien toutes nos croyances et notre regard sur l’extérieur (plus ou moins consciemment) qui créent notre monde intérieur (et inversement). Et entendez moi bien, je n’émets pas de jugement de valeur mais je vous invite à voir si cela est bon ou non pour vous. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut plus avoir de croyances ou de pensées mais seulement de vérifier celles que vous souhaitez porter aujourd’hui et comment faire pour abandonner ses habitudes devenues néfastes voir même destructrices.
En somme, qu’est ce qui vous fait avancer, vos blessures du passées, vos habitudes et vos réactions primitives ou alors vos intentions et vos choix conscients d’êtres humains évolutifs.
Je ne vous apprends peut-être rien en fait puisque des grands hommes comme le Dalaï lama et Gandhi le disent aussi avec leurs mots. La violence extérieure n’est que le miroir de celle que nous nous imposons ou qui vit à l’intérieur de nous-mêmes, elle existe dehors pour nous permettre de la voir et la sentir dedans. Commencer par la paix avec nous, la paix dans notre couple, la paix dans notre famille, la paix dans notre vie et peut être qu’un jour nous verrons la paix dans ce monde. Soyons le changement que nous voulons voir, c’est cela mon leitmotiv et cela commence par l’écoute consciente avec soi et avec l’autre, par le respect de ses valeurs d’amour et de paix, de ses besoins de reliance et de bienveillance et par ce choix de devenir non violent, profondément empathique.
Le premier barrage à la violence et au conflit est alors une écoute sensible et une communication adaptée dans notre couple et notre vie en relation avec deux notions essentielles : la responsabilité et la reconnaissance individuelles. Si je sors du rôle de victime et bien, comme par magie, le bourreau disparaît. Si je nourris la confiance et la foi, alors la peur prendra moins de place dans mon cœur. Je sais que cela peut être difficile à entendre pour certains et certaines qui ont subis de graves et douloureuses expériences mais ce sont déjà des peurs et un manque de confiance qui ont causés de telles conséquences. Alors ma question est « qu’est-ce que je fais maintenant pour ne plus reproduire ses actes de souffrances, pour faire disparaître ou au moins réduire ses actions de malheur? Qu’est-ce que je fais aujourd’hui pour créer des actes de bien-être, de bonheur, de joie et d’amour? ce sont, à mon avis, les deux questions essentielles qui gouvernent ma vie affective comme professionnelle.
En conclusion, j’ose dire que pour sortir de ses systèmes pervers et de ces cercles vicieux et auto destructeurs, une démarche thérapeutique bienveillante, chaleureuse, empathique et consciente, soutenante, actualisante est le plus souvent nécessaire (sorte de rééducation). En tout cas, c’est ce que j’ai fait et continue à faire. Se faire aider peut être un premier pas vers la paix en soi. Grandir en conscience, en amour et en compétence relationnelle est un processus naturel commencé à notre naissance et certainement jusqu’à notre mort pour ceux et celles qui le désirent. Pour que disparaisse la violence dans nos couples et dans nos familles, puis dans nos écoles et dans nos rues, elle a besoin de disparaître dans nos cœurs. Je sais, cela peut paraître utopique mais même si le monde ne change pas, mon regard sur lui va changer et que c’est bon de vivre en paix dans son cœur et avec les siens. Des hommes et des femmes en conscience et en paix feront des enfants bienveillants et respectueux, des gens heureux et joyeux. A nous de choisir, transmettre la peur (comme on l’a hérité) ou inspirer le respect et la joie. Oser l’amour, l’amour de soi, l’amour de l’autre, l’amour du monde, devenir un être de plus en plus empathique et sensible, de plus en plus compassionnel et paisible est un sacré challenge mais je pense le défi du 21ème siècle pour que notre humanité perdure. Et c’est en cela que je considère et honore l’acte du Dalaï Lama d’avoir osé quitté le Tibet plutôt que de combattre l’envahisseur chinois. Oser la non violence comme acte d’amour est souvent peu concevable voir même impossible pour nous, homme soit disant moderne et civilisé. A quelle humanité œuvrons-nous? C’est mon interrogation et ma ligne de conduite, pour une humanité plus humaine, paisible, joyeuse, sensible et libre (c’est à dire libérée de ses « chaînes » du passé).
Bonne suite, que l’amour et la joie guérissent nos plaies et soulagent notre cœur.
Tout de bon pour vous.


