Les 4 comportements à surveiller
« Je perds les pédales, je suis confus, j’ai peur, je me sens impuissant, je ne sais pas » et bien d’autres sensations ou émotions de ce type deviennent les portes d’entrée de 4 comportements malsains et pourtant bien communs, voir habituels et certaines fois valorisés.
Pour comprendre notre propos, notre du postulat de base (valable uniquement pour les adultes, non pas pour des enfants) est que personne n’est responsable ni de deviner ni de satisfaire mes besoins et mes désirs et que leur satisfaction dépend uniquement de moi-même et de mes capacités à les reconnaître, les nommer et faire des demandes claires ou de poser des actions précises pour trouver satisfaction. En tant qu’adulte, je suis le seul et l’unique responsable de ma vie, le seul responsable à satisfaire mes besoins d’être humain si singulier et spécifique bien que ses besoins soient universels et communs à tous les êtres humains (voir texte sur les besoins).
QUE SONT-ILS?
Le Jugement. C’est un comportement naturel et bien « normal » qui fait même parti de notre éducation pour le développement de notre personnalité. Il est même sain dans la mesure ou il fait parti intégrante de notre sens critique pour connaître ce qui est bon pour nous ou pas. Par contre, il devient une entrave à la relation à partir du moment où nous le déposons sur autrui. Juger l’autre nous amène sur l’extérieur et donc en dehors de nous-mêmes et nous ôte tout pouvoir sur qu’est-ce que je vis face à l’attitude de l’autre. Au lieu de mettre votre regard (jugeant) sur l’autre, je nous invite à remettre le focus sur nous en nous posant les questions suivantes : pourquoi je la ou le juge ? Qu’est-ce qui chez elle ou lui me fais réagir si négativement ? Qu’est-ce que cela dit de moi ? Ce que je vois chez l’autre est quelque chose que j’ai du mal à accepter de moi ou que j’envie ? Bref, vous m’avez compris, c’est de profiter du jugement qui nous enlève tout pouvoir de création de nous et de notre vie pour approfondir la connaissance et la conscience de nous – mêmes et découvrir ce nouveau besoin (ou peur) qui se manifeste à travers l’expérience avec l’autre. C’est ce que nous appelons dans notre jargon psy « l’effet miroir ».
Le conseil. Ici aussi c’est un comportement qui peut en dire long sur nous, sur nos peurs ou nos besoins de sécurité, d’importance, de reconnaissance, etc… Donner un conseil, c’est dire à l’autre « je sais mieux que toi ce qui est bon pour toi » et l’impact psychique est d’infantiliser cette personne, de le ou la rendre dépendante de nous. Nous créons alors ce que nous appelons un système relationnel toxique de parent/enfant dans lequel la personne sauvée ne peut contacter ses propres ressources personnelles et gagner en confiance et fierté. La personne sauveur se nourrit d’un sentiment de puissance tout à fait illusoire. C’est le syndrome du sauveur qui nourrit l’égo mais pas l’être. A terme, cela envenime la relation car personne n’aime être sous la dépendance de l’autre, cela ronge l’estime et la confiance et crée un cercle vicieux de dévalorisation, blessure psychique portée par l’un comme par l’autre des 2 protagonistes. La chose qui change est la forme, l’adulte infantilisé pour ne pas ressentir sa blessure et ignoré sa peur entre dans la soumission et l’inférieur. Le « sauveur », pour éviter de faire face à son impuissance et de sentir sa douleur adopte un rôle de supérieur et de conseillé (« moi, je sais »).
L’argumentation et l’explication. Ce comportement rejoint celui de conseil. La différence est que je me coupe de mon émotion et de mon vécu en rationnalisant et expliquant ce que je vis. Je deviens un penseur et non plus un écoutant de moi. La raison prend le pouvoir sur mon émotion (cette partie irrationnelle de moi que je ne peux contrôler). Je trouve des réponses rationnelles, pragmatiques qui peuvent être satisfaisantes mais mon expérience professionnelle et personnelle me prouve que si ma tête (raison) n’est pas au service de mon cœur (émotion), elles (les réponses) le sont rarement ou à très court terme. J’ai besoin de sentir et d’accepter mon émotion puis de l’identifier avec ma raison pour reconnaître le besoin et en prendre soin par des actions précises en fonction de celui-ci. Ne dit-on pas que le cœur a ses raisons que la raison ne comprend pas.
La fuite ou l’isolement. C’est le comportement le plus populaire et qui peut être très subtile. Je peux fuir psychiquement tout en restant présent physiquement. Je me coupe de toutes mes émotions en devenant très rationnel (refoulement) ou je quitte la relation physiquement pour vivre mes émotions douloureuses seules et pleurer dans mon coin ou crier dans mon coussin. En fait, je souffre tellement (honte, humiliation, insécurité, impuissance, infériorité, culpabilité, rejet, abandon…) que je perds contact avec mes propres émotions comme possiblement avec le réel. Je reste pris dans une bulle de souffrance auto-générée par le manque de confiance et de sécurité. Ici, la piste reste la relation et dire son vécu présent dans l’ici et maintenant de cette relation. Pour certains et certaines, cela reste impossibles tant les blessures psychiques et affectives sont virulentes, comme des plaies ouvertes sur lesquels les moindres frottements (conflit, désaccord, oubli,…) impliquent la fermeture, la fuite et l’isolement.
QUELS SONT LES ISSUES ?
De manière générale, je perd mon pouvoir créateur de moi pour prendre du pouvoir sur l’autre même si je n’en suis pas conscient et que je ne souhaite pas cela. C’est parce que je souffre que je perds ma conscience, c’est parce que je lutte contre moi-même, contre ce qui est, contre ce qui me fais mal, cette émotion désagréable voir douloureuse.
Mais, comme vous l’avez compris je pense, nous pouvons aussi utiliser ses 4 comportements pour nous faire progresser vers plus de conscience et de connaissance de nous-mêmes. quel regard je porte sur mon comportement défensif pour le transformer en comportement créatif. Je vous invite à profiter de chaque difficulté en relation avec autrui comme une possible source de connaissance ou de reconnaissance de vos peurs, de vos besoins et de vos blessures affectives pour trouver les moyens d’y répondre. La piste est toujours la même, celle de votre vécu dans l’ici et maintenant, celle de votre émotion présente qui est un indicateur de votre besoin inconscient insatisfait. A partir de l’acceptation et la prise en charge (responsabilité) de votre émotion, vous identifiez vos blessures puis vos besoins qui sont les moteurs de vos actions. Votre motivation émane du désir de satisfaire vos besoins d’être humains, besoins physiques, affectifs, psychiques, relationnels et/ou spirituels. La difficulté reste à devenir cette personne écoutante, bienveillante, acceptante et capable de faire face à votre douleur de l’instant ou de trouver celle ou celui capable d’écouter et de souffrir avec vous, c’est-à-dire de vous offrir accueil, écoute et empathie pour vous accompagner au cœur de votre psyché blessée, au cœur de vous-même. Cette personne aura du aller au cœur d’elle-même auparavant, au centre de ses propres blessures psychiques et affectives pour être capable d’offrir cette sensibilité, cette empathie, cette bienveillance et cette affection/compassion qui est la clé de la transformation des affects psychiques, des douleurs affectives. C’est notre force, notre compétence chez LIGNEPSY.
Alors bon voyage à la rencontre de votre diversité.


